En résumé :
- 2,5 jours ouvrables par mois, soit 30 jours par an, même en retraite progressive.
- Aucune proratisation selon le temps partiel : vos droits sont identiques à ceux d’un temps plein.
- Le décompte commence le premier jour où vous auriez dû travailler, puis inclut tous les jours ouvrables jusqu’à la reprise.
- L’indemnité de congés payés est proportionnelle à votre salaire réduit, mais vos semaines de repos restent intactes.
Combien de jours de congés en retraite progressive ?
En retraite progressive, vous conservez les mêmes droits à congés payés qu’un salarié à temps plein. Vous acquérez 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables par an, l’équivalent de cinq semaines de vacances. La réduction de votre temps de travail ne change rien à ce compteur.
Que vous travailliez à 40 %, 60 % ou 80 %, l’acquisition des jours de congés reste identique. Seule l’indemnité versée pendant vos congés est calculée sur la base de votre salaire temps partiel.
Le principe fondamental : des droits identiques au temps plein
Le code du travail prévoit que tout salarié acquiert 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, dans la limite de 30 jours par an. Cette règle s’applique à tous les salariés, y compris ceux qui bénéficient d’une retraite progressive. L’employeur ne peut pas réduire le nombre de jours acquis en raison du temps partiel.
La notion de travail effectif inclut les périodes de congés payés eux-mêmes : vous continuez donc à accumuler des jours pendant vos vacances. Votre situation de retraite progressive ne modifie pas ce mécanisme, tant que votre contrat de travail est en cours.
Jours ouvrables ou jours ouvrés : quelle différence pour le décompte ?
Le nombre de jours que vous pouvez poser dépend de la méthode de décompte applicable dans votre entreprise. Les jours ouvrables correspondent à tous les jours de la semaine du lundi au samedi inclus, hors dimanche et jours fériés. Les jours ouvrés correspondent uniquement aux jours effectivement travaillés, généralement du lundi au vendredi.
La méthode légale par défaut est le décompte en jours ouvrables, mais beaucoup d’entreprises utilisent les jours ouvrés par accord collectif. Le nombre de semaines de repos reste identique dans les deux cas.
| Méthode | Jours décomptés par semaine | Total annuel |
|---|---|---|
| Jours ouvrables | 6 jours (lundi au samedi) | 30 jours (5 semaines) |
| Jours ouvrés | 5 jours (lundi au vendredi) | 25 jours (5 semaines) |
Cas pratique : décompte pour un salarié à 60 % (3 jours par semaine)
Prenons un salarié en retraite progressive qui travaille les lundi, mardi et mercredi. Il souhaite poser une semaine de vacances. Le premier jour de congé est le premier jour où il aurait dû travailler, soit le lundi. Tous les jours ouvrables suivants sont décomptés jusqu’à la reprise, dimanche et jours fériés exclus.
Ainsi, pour une absence du lundi au samedi inclus, l’employeur peut décompter six jours ouvrables, même si le salarié ne travaille pas le jeudi, vendredi et samedi. C’est une application normale du code du travail.
En revanche, un congé ne peut pas commencer un jour non travaillé. Si le salarié souhaite poser un jeudi, alors qu’il ne travaille que les lundi, mardi et mercredi, ce congé n’est pas valable : le décompte démarre uniquement sur un jour habituellement travaillé.
Indemnité de congés payés : maintien de salaire ou 1/10ème ?
Vous conservez le même nombre de jours, mais votre indemnité journalière est mécaniquement plus faible qu’à temps plein, car elle est calculée sur votre salaire réduit. Deux méthodes de calcul existent et l’employeur doit appliquer la plus favorable au salarié.
La règle du maintien de salaire
Cette méthode compare la rémunération que vous auriez perçue si vous aviez travaillé pendant votre congé. Elle se base sur votre salaire de base, primes comprises, pour garantir le même montant que votre salaire habituel.
La règle du 1/10ème de la rémunération totale
Cette seconde méthode additionne les rémunérations brutes perçues pendant la période de référence (du 1er juin au 31 mai) et divise le total par 10. L’indemnité due correspond au résultat, comparé ensuite au maintien de salaire. Le montant le plus élevé est versé au salarié.
La baisse de l’indemnité n’est pas une perte sèche : elle est proportionnelle à votre temps de travail. Vos semaines de repos, elles, ne sont pas affectées.
Forfait jours et retraite progressive : des règles spécifiques
Les salariés en forfait annuel en jours peuvent aussi bénéficier de la retraite progressive. Le forfait réduit conserve les droits complets aux congés payés. Par exemple, un salarié qui passe de 218 jours à 182 jours garde le même nombre de jours de congés que celui prévu par le forfait de référence dans l’entreprise. L’employeur ne peut pas proratiser ces jours en fonction de la réduction du forfait.
La rémunération, en revanche, est calculée au prorata du forfait réduit. Vérifiez votre accord collectif, car des règles particulières de décompte peuvent exister. En l’absence de disposition spécifique, le droit commun s’applique.
Pièges juridiques : ce que l’employeur ne peut pas faire
L’employeur ne peut pas réduire le nombre de jours de congés d’un salarié en retraite progressive. La Cour de cassation a jugé qu’un accord d’entreprise ne peut pas proratiser les droits à congés payés en fonction du temps de travail effectif. Seule une durée de travail inférieure à un mois sur la période de référence peut justifier un calcul au prorata.
Si votre employeur décompte moins de jours que ceux auxquels vous avez droit, contestez immédiatement par écrit, puis saisissez si nécessaire le conseil de prud’hommes. Le décompte en jours ouvrables intègre les jours non travaillés de la semaine ; toute tentative de les repousser en fin de période pour vous faire perdre un samedi est abusive.
Période de référence, retraite définitive et demande de retraite progressive
La période de référence pour l’acquisition des congés court du 1er juin de l’année précédente au 31 mai de l’année en cours. Si la date de votre passage en retraite progressive se situe en cours de période, vos droits sont calculés au prorata du temps de travail effectif sur cette période. Jusqu’à votre passage à temps partiel, vous acquérez 2,5 jours par mois ; ce rythme se poursuit ensuite, sans interruption.
Les conditions d’accès à la retraite progressive
Depuis la réforme de 2025, l’âge minimum est fixé à 60 ans. Vous devez justifier de 150 trimestres validés auprès des régimes de sécurité sociale et exercer une activité à temps partiel dont la durée est comprise entre 40 % et 80 % d’un temps plein. Ces conditions sont vérifiées lors de la demande de retraite progressive.
Lorsque vous partez en retraite définitive, votre contrat de travail est rompu. Une indemnité compensatrice de congés payés vous est due pour les jours non pris. La demande de retraite progressive s’effectue auprès de votre caisse de retraite, avec l’accord de votre employeur. Cette démarche permet de commencer à percevoir une fraction de votre pension de retraite tout en poursuivant une activité réduite. Le service des ressources humaines de votre entreprise peut vous accompagner dans cette démarche.
FAQ : vos questions sur les congés en retraite progressive
Puis-je poser des congés sur mes jours non travaillés ?
Non. Le décompte commence le premier jour où vous auriez dû travailler. Un jour non travaillé ne peut pas être le point de départ d’un congé.
Mon employeur peut-il décompter plus de jours que je n’en travaille ?
Oui, dans une certaine mesure : le décompte en jours ouvrables inclut les jours normalement non travaillés dans la semaine. En revanche, une pratique abusive peut être contestée auprès de l’inspection du travail ou du conseil de prud’hommes.
Perds-je des jours de congés en passant à temps partiel ?
Non. Vous acquérez toujours 2,5 jours ouvrables par mois, soit 30 jours par an. Le temps partiel n’a aucun effet sur le nombre de jours acquis.
Perds-je des jours de congés en passant à temps partiel ?
Non. Vous acquérez toujours 2,5 jours ouvrables par mois, soit 30 jours par an. Le temps partiel n’a aucun effet sur le nombre de jours acquis.
En résumé : le nombre de jours de congés en retraite progressive est identique à celui d’un temps plein. Vous conservez 2,5 jours ouvrables par mois, soit 30 jours par an. Seule l’indemnité est proportionnelle à votre temps de travail. Une lecture attentive de votre convention collective et un échange transparent avec votre employeur sont vos meilleurs alliés pour une fin de carrière sereine.
